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Le nouvel Ambassadeur d’Israël au Cameroun dit vouloir accentuer la coopération israélienne avec le pays de Paul Biya. Dans un entretien accordé à Cameroon-Info.Net, il livre les axes qui seront son champ de bataille. Par ailleurs, il parle de la vision qu’il porte sur la presse en ligne en particulier et la presse classique camerounaise.

Quelle est la perception que se fait Monsieur l’Ambassadeur des sites d’information en ligne ?

Je suis diplomate depuis déjà 21 ans et j’ai travaillé dans plusieurs pays. Et je sais qu’aux États-Unis, en Angleterre, en Israël la presse en ligne prend de plus en plus le dessus sur la presse classique traditionnelle. Et j’ai été marqué positivement de voir que c’est aussi le cas au Cameroun. Parce que j’ai déjà pu constater durant mes quelques mois ici qu’il y a un grand changement comme dans d’autres pays. Tenez par exemple, le journal le plus populaire au Cameroun vend entre 6000 et 7000 exemplaires par jour pour une population estimée à 24 millions d’habitants. Votre site d’information en ligne Cameroon-Info.Net enregistre en un mois plus d’un million de visites. Alors, ces cas que j’ai cités présentent clairement la réalité actuelle du monde médiatique.

Monsieur l’Ambassadeur, vous venez d’initier une tournée médiatique, est-ce là un geste pour dire que vous travaillerez avec les médias durant votre séjour au Cameroun. Faciliterez-vous par la même occasion leur accès à l’information ?

La coopération avec les médias est l’une des parties cruciales de mon travail ici au Cameroun. Partant du fait que, si je collabore avec les médias, alors j’atteins la population camerounaise, qui a besoin de connaître ce que fait Israël dans leur pays. Je ne voudrais pas me limiter à une collaboration juste avec le Gouvernement. Je voudrais communiquer à la population. Et les différents organes de presse peuvent m’être utiles dans cette quête. Il y a au Cameroun des médias spécialisés en économie et qui ne parlent qu’aux investisseurs.

Maintenant concernant l’appréciation que je fais des médias camerounais. Il faut dire que je suis encore nouveau. Mais tout de même, la première impression que j’ai est qu’ils peuvent être très critiques. J’ai lu tellement d’articles critiques dans les journaux. D’un autre côté je constate que les écrits des médias n’impactent pas vraiment dans les actions du Gouvernement. Les médias écrivent ce qu’ils veulent bien écrire, mais le pays est dirigé indépendamment de ce qu’ils disent. Peut-être après une année passée ici je pourrai percevoir plus clairement le véritable rôle que jouent les médias au Cameroun.

Dans la coopération Cameroun-Israël, quels seront vos axes prioritaires de travail ?

Présentement le Cameroun et Israël coopèrent dans les secteurs tels que la sécurité, la lutte contre le terrorisme, les technologies. Vous devez sûrement connaître le Centre technologique qu’abrite l’Ecole Polytechnique de Yaoundé. Il a été installé ici au Cameroun par de grands ingénieurs israéliens avec l’aide du Pr Awono. C’est le plus beau centre en Afrique. Et celui-ci entraîne un flux d’étudiants africains à l’Ecole Polytechnique de Yaoundé.

Nous avons aussi des projets agricoles avec le Cameroun. À cet effet nous avons eu à signer des accords avec certains ministères comme celui de l’Agriculture et du Développement Rural et le FIDA (Fonds International pour le Développement Agricole). Ensemble nous allons construire une école pour 5000 cultivateurs camerounais pour les former sur aux techniques de l’agro business. Il va s’agir de les montrer comment on peut faire du business en étant dans le secteur de l’agriculture.

Par ailleurs Israël veut proposer au Cameroun des projets d’adduction en eau potable spécifiquement pour la Région de l’Extrême-Nord. Ces projets ont été expérimentés chez nous. Cette Région du Cameroun a un climat similaire à celui que nous avons en Israël. Aujourd’hui nous avons acquis une bonne expérience dans ce domaine. Et depuis trois années nous avons de l’eau potable dans ces zones désertiques. Il y a des technologies très pointues qui permettent d’avoir de l’eau potable dans les localités qui présentent des conditions climatiques difficiles. Avec ces technologies de pointe expérimentées en Israël, nous exportons même déjà de l’eau dans d’autres pays. Nous expérimentons depuis quelques années le Projet goutte-à-goutte dans la Région de l’Extrême-Nord [Initiée en 2014, c’est la seule technologie au monde qui permet d’arroser directement la racine des plantes. Elle permet aussi de réduire au minimum l'utilisation de l’eau et des engrais dans l’agriculture, NDLR]. Nous allons l’accentuer.