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Dans un communiqué rendu public ce mercredi 9 décembre 2015, l’organisation rappelle que les confrères interpellés ne sont pas des agents de renseignement et ne peuvent se comporter comme tels

La Fédération africaine des journalistes (FAJ) qui est le groupe africain de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) n’apprécie pas le traitement réservé par les autorités camerounaises aux journalistes Félix Ebolé Bola du quotidien Mutations, Rodrigue Tongue (précédemment du quotidien Le Messager et actuellement à Canal 2 International) et Baba Wamé, cyber journaliste et enseignant à l’Ecole Supérieur des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC). Les trois journalistes, viennent à nouveau d’être rappelés par le Tribunal militaire de Yaoundé. Ils ont été notifiés le 4 décembre 2015, d’une ordonnance de non lieu partiel à eux décernée par le juge d’instruction du Tribunal militaire de Yaoundé (TMY), Bernard Tsuite.

Ces confrères sont accusés des faits de rétention d’informations portant atteinte à la sureté de l’État, en fait de n’avoir pas averti les autorités militaires, administratives ou judiciaires de toute activité de nature à nuire à la défense nationale. Des faits prévus et réprimés par les articles 74 et 107 du Code pénal. Ils ont été inculpés le 28 octobre 2014 pour « non dénonciation » de complot contre la sécurité de l’Etat dont ils auraient eu connaissance. Au terme de 3 mois de restriction des libertés, la juge Alime Mbia, épouse Happy qui fut la première à traiter le dossier des trois journalistes a procédé à « une ordonnance de main levée d’office d’une surveillance judiciaire » en mi-janvier 2015. « Nos collègues interpellés sont des journalistes tenus par l’obligation de protection de leurs sources ; ils ne sont pas des agents de renseignement et ne peuvent pas se comporter comme tel.», a déclaré Maria Luisa Rogerio, Président intérimaire de la FAJ. « Nous demandons leur libération pure et simple», a-t-elle ajouté.

Le Communiqué

La FAJ demande au Cameroun de libérer trois journalistes interpelés par le tribunal militaire

La Fédération Africaine des Journalistes (FAJ), le groupe Africain de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), a demandé aujourd’hui aux autorités camerounaises de mettre fin aux interpellations permanentes dirigées depuis plus d’un an contre les journalistes Félix Ebolé Bola du quotidien Mutations, Rodrigue Tongue (précédemment du quotidien Le Messager maintenant à Canal 2 International) et Baba Wamé, président de l’association des cyber journalistes.

« Nos collègues interpellés sont des journalistes tenus par l’obligation de protection de leurs sources ; ils ne sont pas des agents de renseignement et ne peuvent pas se comporter comme tel.», a déclaré Maria Luisa Rogerio, Président intérimaire de la FAJ. « Nous demandons leur libération pure et simple», a ajouté Maria Luisa.

Selon le Syndicat National des journalistes du Cameroun (SNJC), il est reproché aux trois journalistes [de] n’avoir pas , «courant juillet-août 2014, en tout cas dans le temps légal des poursuites, en temps de paix, averti les autorités militaires, administratives ou judiciaires de toute activité de nature à nuire à la défense nationale. Faits prévus et réprimés par les articles 74 et 107 du Code pénal». Les trois journalistes faisaient ainsi l’objet depuis le 28 octobre 2014 d’une surveillance judiciaire avec restriction de leurs libertés, pour «non dénonciation».

Mais en janvier 2015, la juge d’instruction du Tribunal militaire de Yaoundé, Mme Aline Mbia avait clos cette affaire en confirmant leur «sens de civisme avancé», saluant «un zèle de citoyenneté très poussé, respectueux [qu’ils ont] des institutions de la République du Cameroun et partant des autorités judiciaires». Mme Aline Mbia étant affectée comme Commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire d’Ebolowa, au sud du pays, un autre juge, Bernard Tsuite a repris l’instruction et a convoqué les journalistes pour reprendre la procédure à zéro, en les soumettant à un interrogatoire de près de 6 heures sur les mêmes questions. Le 4 décembre 2015 le capitaine Bernard Tsuite a décerné contre les trois journalistes une ordonnance de non-lieu partiel qui a estimé «suffisamment établies» en leur encontre «les charges pour non dénonciation». Il a ordonné en conséquence leur renvoi devant le Tribunal Militaire de Yaoundé statuant en matière criminelle. Les trois journalistes devront comparaître avec le risque d’être condamnés à des peines privatives de libertés.