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Rien ne va plus pour celui qui était ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). Limogé le 2 octobre, Emmanuel Essimi Menye, qui a ensuite été admis au centre médico-social de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) depuis le 11 suivant pour – selon des sources introduites – un accident vasculaire-cérébral, ne devrait pas retrouver l’air de la liberté même au cas où il recouvrirait sa santé.


La rumeur tue Essimi

Jusqu’à hier soir, une folle rumeur annonçant le décès de l’ex-Minader a pollué le cyberespace avant d’être démentie par des sites d’information, citant des proches du concerné. Attendu mardi dernier au Tribunal criminel spécial (Tcs), le patient Essimi Menye, sur qui pèsent des soupçons de détournement de plus de 9 milliards Fcfa, ne s’y est pas rendu, selon des sources judiciaires. Lesquelles sources ont confié à votre journal que l’audition a été reportée à une date ultérieure. Sans guère de précision.

Toutefois, l’ex-Minader reste sous l’étroite surveillance des éléments du Groupement polyvalent d'intervention de gendarmerie nationale (Gpign) en même temps que les visites au malade étaient étroitement encadrées. Des sources introduites de La Météo ont également précisé qu’«aucune suite ne sera donnée à sa demande d’évacuation sanitaire» à défaut de laquelle le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda aurait, selon notre confrère Mutations (26/10), proposé un internement au nouvel hôpital de référence de Sangmélima.


Case prison

Ces dernières informations viennent confirmer les craintes des proches du non moins ancien ministre des Finances, faisant état d’une arrestation inéluctable aussitôt qu’il aura retrouvé ses moyens physiques. «Il est attendu de pied ferme au Tcs qui va certainement, au terme de l’enquête en cours, lui décerner une mise sous mandat de dépôt», affirme une source digne de foi auprès de cette haute juridiction.

C’est donc la case prison qui semble guetter avec insistance l’ex-Minader, aujourd’hui taraudé à la fois par la souffrance physique et l’angoisse d’une instruction judiciaire inévitable. Une tournure mélodramatique, pour celui qui jusqu’à la dernière minute de sa présence au gouvernement, continuait de s’enorgueillir de la confiance placée en lui par le président Biya pour la conduite de la politique visant l’avènement d’une agriculture de seconde génération au Cameroun.

Et M. Essimi Menye ne pourra pas prétendre n’avoir pas senti planer la menace de l’«Epervier». Depuis des mois en effet, la rumeur persistante de sérieuses investigations sur son action parcouraient le sérail. Au cabinet du Minader, on continuait de minimiser les risques tout en mettant en avant un bilan qui se voulait forcément positif.


Pleurnicherie à Mvomeka’a

Dans son édition du 15 mai en effet, sous le titre : «Essimi Menye va s’agenouiller à Mvomeka’a», La Météo affirmait déjà que l’alors Minader était «allé plaider son immunité auprès d’un proche parent du chef de l’État». Emmanuel Essimi Menye, qui avait fini par décrocher un rendez-vous avec le frère cadet de Paul Biya, Pierre Meba au terme de longues semaines d’opérations d’approche et de tractations, avait alors prié son interlocuteur d’intercéder auprès du président de la République afin qu’il soit épargné non seulement des foudres du Tcs, mais aussi et surtout des foudres d’un probable limogeage du gouvernement.

Le 15 janvier d’avant, votre journal rendait déjà compte de l’audition, deux jours plus tôt par des enquêteurs du Tcs du Minader dans le cabinet du ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux pour «deux dossiers potentiellement explosifs pour lui, et qui pourraient le conduire derrière les barreaux». La première «affaire Essimi Menye», indiquait La Météo, a trait à un détournement de 9,025 milliards Fcfa destinés à la restructuration d’Amity Bank of Cameroon (Abc), du temps où l’homme était ministre des Finances (Minfi) et mandataire de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). Plutôt que de faire parvenir lesdits fonds à cet établissement, Emmanuel Essimi Menye, par lettre n°00000504/MINFI/SG/DGTCFM du 10 février 2009, les fera transférer à Banque Atlantique.


Amity Bank

Selon des sources proches du dossier, il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une machination visant l’accaparement du passif et de l’actif d’Abc par sa concurrente, elle-même en butte à de sérieuses tensions de trésorerie. La transaction se serait ainsi déroulée au mépris des droits des actionnaires, toute chose ayant poussé ceux-ci à saisir la justice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui rendra l’arrêt n°010/CEMAC/CJ/du 13/11/2009 en leur faveur. Cette juridiction rétablira ainsi les actionnaires d’Amity Bank dans leurs droits en rétribuant, par bons du Trésor, la somme de 9,025 milliards FCfa préalablement accordée par Essimi Menye à Abc.

L’autre dossier brûlant contre Essimi Menye concerne la liquidation de la Société camerounaise des tabacs (Sct), sur laquelle le ci-devant Minader aurait mis la main pour 50 millions de Fcfa, via un proche. Par la suite, le même fera inscrire, dans le budget de son département ministériel, une ligne budgétaire pour un montant de 150 millions de FCfa au profit de la Sct au titre de subvention pour la culture du tabac

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